Journal 2 Ste Anne-Canouan

Journal du 27 Septembre 2014

 

Suite à notre retour au Marin pour changer notre girouette, nous avons finalement décidé de faire un avitaillement conséquent afin de pouvoir partir pour nos îles promises.

Problème numéro 1 : Que consomment 4 personnes durant un mois ? Voire deux ?

Notre rythme à terre est si différent, travail, école nous n’avons pas l’habitude d’être en vase clos durant une si longue période, et aurons-nous faim ? Très faim ou très très faim ?

Un léger vertige me touche, nous partons durant 11 mois. Au secours. Je me sens comme un soldat au départ de sa campagne de guerre en 14, parti la fleur au fusil mais qui a vite déchanté dès ses premières échauffourées. J’étais d’humeur si légère et joyeuse, aurais-je sous-estimé l’ampleur de la tâche ?

 

 

 

 

Je sais c’est une année sabbatique, il y a bien pire à gérer en ce bas monde, mais tout de même….

Sous une chaleur toujours aussi accablante, nous avitaillons notre bateau en 2 heures de temps, il nous faut quitter le port du Marin au plus vite, il y fait si chaud et celui-ci est infesté de moustiques.

Tout est à bord, en vrac, nous partons, nous rangerons tout cela au mouillage où la température est plus acceptable.

Nous respirons, il faut apprivoiser ce bateau qui est notre maison, notre protecteur mais qui demande lui aussi beaucoup de soins.

Je découvre, l’intendance et les révisions quasi quotidiennes nécessaires sur un bateau. Filtres, cales, batteries, eau etc… cela me semble sans fin, peut-être est-ce par manque d’habitude mais voilà….c’est fastidieux et chronophage.

Les enfants sont toujours enthousiastes, tant mieux, après tant d’heures consacrées au bateau et à l’intendance. Ils sautent, se baignent et Camille apprend la pêche.

Apéro sur la plage de St Anne, déserte en cette période, les enfants trouvent des copains, le personnel des écoles est en grève…. C’est l’école buissonnière pour tout le monde.

Nous rencontrons des Français, Belges, Franco Américains qui nous racontent leurs vies sous les tropiques et les différentes îles. Des vies à part tout de même…

Le 18 Septembre 2014 nous partons enfin pour une navigation dite « de chauffe » de quelques heures.

 

Départ : Ste Anne (Martinique) à Ste Lucie : Marigot Bay. A la base, nous avions même envisagé de naviguer directement de Martinique à Bequia, première île des grenadines (13h de navigation). Erreur numéro 1.

Il fait beau, 15 nœuds de vent, hop on y va…. Pas bien loin.

1.Camille vomit à n’en plus finir dans le carré extérieur.

2.Le temps change, grain et nous voilà trempés jusqu’à la moelle.

3.Pffff…

 

On va s’arrêter là pour aujourd’hui finalement, et la première île qui se présente à bâbord est sainte Lucie. Nous préparons toujours des solutions de replis sur nos routes, et là ce sera Marigot Bay.

Charmante et minuscule enclave, étouffée par la chaleur et les moustiques, merde… ils sont encore là.

Certes il n’y a plus de vent (plus du tout, même plus d’air).

C’est vraiment petit, végétation luxuriante entourant cette crique le long de falaises abruptes.

La leçon du jour : ne pas se fier à l’échelle du guide nautique, ce n’est pas une anse, juste un rond dans l’eau ou l’on peut à peine glisser un string de 14m sur 6m.

Le sport local à partir de maintenant consiste à gérer les dizaines de barques, planches, canots, barques, barquettes, radeaux qui se présentent lorsque la pointe avant du bateau se rapproche de la côte. Attention……..top départ: amarres, poissons, mangues, avocats, pamplemousses, colliers, bracelets, services divers : ils sont 10 autour du bateau.

 

Nous sommes des gens bien élevés (merci papa et maman) mais surtout nous avons à bord, LE CLIENT.

Pour ceux qui ne le savent pas, nous avons à bord une personne (que je ne nommerai pas) qui est capable de se faire photographier avec des singes des serpents place Djemaa El Fna, acheter tous les souvenirs (toujours de très bon gout bien sûr) à n’importe quel vendeur possédant l’œil du cocker triste adéquat, et qui ne négociera jamais un prix…c’est bien trop vulgaire.

 

Bref, nous appellerons cette personne LE CLIENT à partir d’aujourd’hui, et notre client a acheté à peu près tous les services proposés. Donc 40 minutes plus tard, nous pouvons nettoyer le bateau de ce que vous savez…(voir Camille un peu plus haut) et débarquer pour faire notre devoir de voyageurs qui suivent à la lettre les recommandations lorsque notre orteil droit foule la terre promise : La clearance auprès des autorités compétentes.

 

Nous sommes en Très basse saison, donc rien n’est ouvert, sauf la douane. Un bureau à l’échelle de la Baie (4m2) mais qui possède 2 gros points forts : 1. C’est climatisé 2. Ils regardent Transformers 3 en Anglais sous-titré créole local. Les enfants ne bougeront pas 4 minutes le temps de remplir à peine les 3 premières lignes d’un document dont je tairai la longueur.

 

Je décide donc d’aérer ce petit monde sur le ponton lorsque surgit devant moi : ANTOINE.

Non…pas celui-là….l’autre de www.cataja.com une famille française Antoine, Eurielle, Pacome Elian et Malo qui réparent leur bateau sur la zone après un an de voyage et 1 mois de vacances en France.

Nous nous donnons rendez-vous pour départ le lendemain pour Bequia (prononcer Bequoi).

Nous passerons cette nuit au mouillage de Marigot, et fêterons l’anniversaire de Camille dans un restaurant totalement vide, mais servant des fish and chips dont Christophe se souvient avec délice.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lendemain, départ pour Bequia. La famille Cataja reste au mouillage, mais nous nous partons. Le temps est gris, pas de vent, je commence l’école pour Camille et la fabrication de pain avec Timothée pendant que Christophe démarre la nav au moteur.

Grande voile montée, étarquée, génois déroulé…on passe la pointe de Ste Lucie.

Le bateau commence à taper, la mer se forme, le vent accélère….Christophe est en train de filmer et pose vite sa caméra.

Je sens que cette nav ne s’annonce plus du tout calme et sereine. Faut un Ris, non en fait deux ris, enrouler le génois…vite très vite, le vent monte 15-20-25 et les rafales arrivent, merde et re-merde.

Et à ce moment-là la phrase de Paul (notre chef de base au Marin et formateur sur le bateau) me revient dont je comprends enfin toute la substantifique moelle.

« Pascale, lorsque vous êtes dans les canaux, tu fermes tous les hublots…tous…avant et arrières »

A ce moment-là je me disais : nous n’allons pas faire du cabotage dans les canaux d’Amsterdam….nous n’allons qu’en mer.

« Les canaux » sont une expression locale afin de désigner les passages d’île en île sur la mer des caraïbes. Après 6 heures de navigation, de pluie, de vagues, de vent bref de tout ce qui bouge et souffle nous allons finalement nous arrêter à St Vincent, les enfants sont malades. Le carré extérieur est à nouveau repeint.

Nous arrivons à Wallilabou Bay, St Vincent est une île beaucoup plus sauvage et luxuriante que la Martinique ou Ste Lucie. Nous ressentons un effet « forêt tropicale » puissant. Il est impressionnant de voir comme les paysages peuvent changer en fonction des îles et de leur urbanisation. St Vincent n’est que très peu construite, de larges espaces de végétation sont présents.

 

Pour ne pas faillir à la tradition locale, une dizaines d’embarcations nous entourent, poissons, fruits légumes etc… Et notre CLIENT donne une bouteille de Sainte Marie pour deux poissons qu’il paye en plus le prix cher …je suis furax mais j’espère vraiment que le pécheur local appréciera celle-ci à sa hauteur (mais j’en doute fort).

Nous faisons la rencontre de Keneth, un pécheur qui nous propose ses services pour nous faire visiter l’île le lendemain, nous acceptons volontiers, puis nous nous remettons doucement de cette traversée un peu houleuse…

Wallilabou bay fut le décor naturel d’une scène de Pirates des Caraïbes, les décors sont restés et le bar-restaurant expose tous les accessoires du film. Camille se sent l’âme d’un pirate et cette ambiance de corsaire du bout du monde est très agréable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin une odeur de voyage, nous sortons des sentiers battus de l’arc antillais. St Vincent est une île ayant mauvaise réputation, peu de bateaux s’y arrêtent.

Nous partons le lendemain nous promener sur l’île, les marches sont éreintantes car la topographie des îles est très montagneuse ! Il fait chaud, très chaud, Timothée ne veut pas marcher il faut le porter sur nos épaules, les gens de l’île de surnommeront « lazy man ».

 

Nous filons aussi vers une cascade, sur une route ou nous prenons un grain monumental ! Nous sommes trempés mais sous ces températures c’est très agréable.

Les îliens rencontrés sont tous très sympathiques, les enfants viennent nous rencontrer et je profite de cette promenade pour donner sa leçon d’anglais à Camille.

 

Retour au bateau, nous sommes seuls au mouillage, ce fût une très belle journée.

Départ pour Laggon bay, nous sommes au moteur (c’est une baie à 30 minutes de là où nous sommes) lorsque nous croyons voir au mouillage sur la cote les Janin, Christophe prend la VHF et appelle…. « Cataja Cataja pour Phileas…vous recevez nous ? » Le bateau au mouillage n’est absolument pas le leur ! Ils sont en route pour Bequia et nous signale que le canal entre St Vincent et Bequia est calme, 15 Nœuds de vent, mer belle.

 

Allez hop ! On hisse la grande voile, génois déroulé…. On se retrouve pour l’apéro à Bequia !!!

2h30 de Navigation (très belle et agréable) plus tard, nous mouillons dans la superbe baie de Port Elisabeth à Bequia et préparons un apéro général.

 

Notre sport favori est aussi de chercher une connexion internet, nous allons à terre pour déjeuner et choper le code Wifi ! Un tour à la banque, repérage de supermarché, d’un vendeur de matériaux (pour le futur casier) et nous voilà attablés, après un grain monumental, sur la terrasse du restaurant avec une superbe vue sur la baie, Timothée se lie par langue des signes à un copain local, ils courent partout dans le restaurant, heureusement il n’y a pas beaucoup de clients en cette période. Camille profite du Saint Graal Wifi pour jouer en ligne !

 

Commentaires de Christophe et suite du Blog

C’est difficile de dire non à un pauvre pêcheur qui vient à notre rencontre pour nous proposer quelques poissons qu’il vient de pêcher, les quelques fruits qu’un autre nous tend, bon mais je me suis fait bien enguirlander pour la bouteille de Sainte Marie (il faut dire que nous n’en n’avons que douze).

Il a fallu à un moment dire non, car nous ne pouvions de toute façon pas tout prendre ayant fait le plein avant de partir.

Je me suis fait quand même avoir quand j’ai payé 10 US $ au mec qui me le demandait et qui a attaché nos amarres à la bouée qu’il m’avait désignée et que je me croyais obliger de prendre.

En plus des formalités je payerai 20 US $ pour la bouée, ça fait un peu cher le service d’amarrage alors que nous avons une gaffe et une gaffeuse à bord….En plus, j’aurais pu mouiller.

On ne m’y prendra pas deux fois.

Quant à notre navigation entre Sainte Lucie et Saint Vincent, je retiens de cette première expérience de grain dans un canal que j’ai trop tardé à prendre mon ris, j’en ai donc pris deux d’un coup, au cas où ça forcirait encore et c’était trop. Nous avons remplis le carré extérieur d’eau et c’était un peu flippant. Je suis revenu de la manœuvre en pied de mat trempé, et j’ai sorti la veste de quart et le harnais pour la première fois. Le bateau est monté à 13 nœuds et le vent à 25 nœuds avec des rafales à 29. Ça n’a pas duré longtemps mais suffisamment pour rendre pour la première fois Timothée malade….. Il a vomi pour la première fois en silence le jour de son anniversaire… Pas sympa le cadeau. Camille a été très malade mais très courageux. Nous ne sommes pas encore prêts pour de longues nav donc on s’arrête une deuxième fois, ce qui est en réalité une très bonne chose, l’escale à wallilabu bay ayant été très sympa. Nous fêtons l’anniversaire de Timothée dans cette baie de pirates et comptons à bord un nouveau passager : furby une sorte de tamagoshi en peluche. Timothée doit lui apprendre à parler …ou l’inverse.

 

La nav entre wallilabu bay et Bequia a été en revanche géniale 15 nœuds de vent, bon plein, vitesse 10, 11 nœuds, mer plate…. Le pied.

Nous saluons au petit matin CATAJA à Marigot Bay et promettons de nous retrouver à Grenade pour faire la traversée vers les îles vénézuéliennes ensemble.

Ce sera notre première longue nav, pas très longue non plus, mais une trentaine d’heures, avec une nav de nuit. J’espère que d’ici là, les enfants, et surtout Camille qui semble sensible au mal de mer, se seront amarinés.

 

Nous prévoyons de passer trois jours à « BEQUOUE », ce qui nous permettra de faire une première lessive, de profiter d’une connexion internet pour Skype et face time, et d’avancer sur le CNED.

Nous faisons quelques courses et achetons du matériel pour confectionner notre casier.

Nous avons la surprise de voir arriver THETYS.

A peine l’ancre mouillée, Bruno nous invite pour l’apéro.

Je m’habille de ma plus belle tenue du bord pour l’occasion car THETYS est un très beau cata.

Nous l’avons déjà visité à la rochelle mais il venait de sortir du chantier, Nath et Bruno l’ont certainement depuis personnalisé encore plus.

Nous arrivons à bord et là c’est …. magnifique.

Lumière tamisée, bougies, tout est à sa place, rangé, ambiance super Zen.

La carré extérieur en teck est le prolongement du carré intérieur…l’espace est immense. Tout est assorti.

C’est tellement Zen que pendant tout le temps de cet apéro nous ne penserons même pas à fumer une cigarette.

Bruno nous montre la cabine réservée à son atelier pour l’entretien du bateau et pour la pêche. Il a de superbes fusils, et nous donne des hameçons tridents pour être certain que le poisson que nous accrocherons un jour à la traine ne se détachera pas.

Nous visionnons ensemble la vidéo du marlin de 150 kgs qu’il a remonté jusqu’à sa jupe après deux heures de combat entre Sainte-Lucie et Saint-Vincent avant de le relâcher car trop gros.

Pascale va au Toilette, elles sont électriques et à l’eau douce… pas d’odeur.

Ce bateau est une pure merveille.

Nous passons encore un excellent moment ensemble.

Le retour sur Phileas est un peu rude. Il était beau notre bateau, mais la comparaison est difficile. Chez nous, même si tout est rangé, c’est le bordel.

 

Le lendemain Pascale se lance dans une mission rangement pour finir de trouver une place à chaque chose.

Bon, après une journée de travail, notre bateau a de nouveau fière allure.

Nous nous promettons d’investir dans des bougies pour l’ambiance.

Pascale tente le coiffeur local… en un coup de ciseaux c’est fait….peut mieux faire, mais elle a les cheveux courts.

Nous faisons la connaissance de rhum runner, un lagoon 380 sur lequel vivent deux adultes et cinq enfants dont un bébé de 4 mois. Il ne s’agira là que d’un premier contact en pied de « jupe », leur bateau étant sur le chemin de l’annexe pour se rendre à terre. Nous les retrouverons plus tard.

Nous prévoyons de repartir mais prenons deux jours continus de grains. Nous restons donc et avançons sur le CNED et la confection du casier.

Tout est très vite humide sur un bateau quand il pleut. Nous prenons un grain alors que nous sommes à terre, j’ai laissé le gilet de Timothée dans l’annexe… au retour la cartouche s’est déclenchée… ça marche bien !!!

Nous ne repartons finalement que le 25 septembre pour CANOUAN… petite nav de 3h départ à la fraiche : 7h, par 8 nœuds de vent.

A notre arrivée à Charleston Bay, nous rencontrons William qui pêche sans bouée, et qui passe à quelques mètres de notre coque tribord.

Il m’interpelle en me demandant si je veux des langoustes : « no man I want you to teach me how to catch lobsters » « yeah my friend I’m waiting for you ». Nous mouillons et je pars le rejoindre en annexe avec mon attirail.

 

William ressemble à Morgan Freeman, a des yeux doux et un sourire malicieux. Ce mec m’inspire immédiatement confiance.

Nous pêcherons de 10h30 jusqu’à 14 heures et je reviens avec ma première langouste, alors que Téthys arrive…..Génial.

Le temps de reprendre quelques forces et de partager un encas avec William sur le bateau, nous repartons, William, Bruno et moi pour une nouvelle chasse.

Pascale part avec les enfants et Nathalie à la plage.

J’aurai passé plus de 5 heures dans l’eau… mon bilan : trois langoustes (dont deux certainement trop petites), William : une quinzaine, Bruno n’a pas voulu tirer, ne tombant que sur des petites, il en a pêché de plus de trois kilos… voilà un vrai pêcheur !!!

 

Je ramène William à terre, en tirant son radeau de fortune, deux coques de cata reliées par deux planches.

Il m’amène dans un bar local dans lequel je peux acheter des cigarettes.

En plus d’un bon billet, pour la leçon de pêche, les langoustes, et le lasso qu’il m’a confectionné, il repart avec un encas et ma bouée de pêche. On ne refuse rien à Morgan Freeman.

Il pose toutes ses affaires à l’entrée du bar, qui ne fait que 5m2.

Je paye les cigarettes et salut William. Le lendemain nous devons nous retrouver pour aller de l’autre côté de l’île et pêcher des lambis que William doit nous cuisiner.

 

Super programme.

 

Le problème, est que dans le fameux bar, il y a le rhum qui rend fou. Le plus fort : 80 degrés. Et quand je quitte William, il reste dans le bar…

Je rentre en disant à Pascale que je crains le pire pour William….et que je ne suis pas certain que nous le retrouverons le lendemain à 10 heures, au rendez-vous convenu.

Nous terminons cette magnifique journée avec Nathalie et Bruno et dégustons notre pêche du jour, deux langoustes par personne, on ne se refuse rien, et l’excellent gâteau au chocolat que Nath a préparé.

Nath et Bruno repartent le lendemain pour les blanquillas. J’espère qu’ils seront encore là quand nous arriverons vers le 10 octobre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

William n’étant donc pas au rendez-vous convenu, nous partons sans lui le lendemain pour aller de l’autre côté de l’île. Problème ça grimpe et Timothée ne veut toujours pas marcher. Nous essayons bien de négocier mais le bougre est difficile. Fatigué de ma journée de la veille, je n’ai pas le courage de le porter. Nous prendrons donc un Taxi qui nous dépose sur la côte au vent et doit passer nous reprendre trois heures plus tard soit vers 14 h. Nous arrivons sur une plage déserte, et assistons à la pêche des pélicans. Mais trois heures c’est long.

Nous repartons avant le retour du taxi, et affrontons une marche forcée avec pour moi comme sac à dos Timothée.

Camille râle aussi, mais lui n’a pas le choix, personne ne peut le porter.

 

Chaque effort méritant récompense, nous trouvons sur notre route un charmant restaurant en bord de plage.

Le lendemain, pendant que Pascale fait la classe, je pars avec Timothée faire quelques courses, et jouer avec lui sur la plage. Il observe avec attention un bateau qui décharge sa cargaison. Je tombe sur William qui confirme mes craintes de l’avant-veille et qui me donne son adresse pour lui donner des nouvelles.

Je promets de le recommander aux voyageurs que nous rencontrerons. Nous nous quittons et je le remercie chaleureusement pour sa leçon de pêche. J’ai hâte d’essayer le lasso qu’il a confectionné pour moi, qui présente le gros avantage de ne pas tuer les langoustes qui paraissent plus grosses dans l’eau qu’elles ne sont en réalité.

Canouan aura été une très belle escale.

 

Direction Mayreau et son fameux mouillage de salt wisle bay. Toute petite nav.

Nous sommes le 27 septembre 2014.

 

Nous sommes en approche et la VHF crépite. Je suis à la barre et entend Pascale répondre : « on mouille et on vous rappelle ». Moi : « C’était qui ? ». Pascale « je ne sais pas on rappellera »…. « Heu Pascale, c’est une VHF pas un téléphone. » Evidemment éclat de rire.

Nous arrivons dans un superbe mouillage, le premier vraiment carte postale.

L’appel de VHF c’était Rhum runner.

Lorenzo 11 ans et son frère Sean, 8 ans rejoignent notre bateau à la nage. Commencent à cet instant deux journées de franches rigolades entre Camille et ses nouveaux copains : Jeux sur la plage, sauts du roof du bateau dans l’eau, et même plongeons, ils ne se quittent plus. Timothée essaye de suivre mais cela va trop vite. Il y a Canouan, qui a trois ans, avec lequel il va jouer également.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lors de notre arrivée, nous sommes accostés par deux jeunes qui nous annoncent une « party » avec lobsters dans un restaurant de la plage, le seul ouvert « the last bar before the Jungle ». Je dis encore oui, ils me demandent vers quelle heure nous pensons venir…Ben quand la party commencera… Il insiste je réponds vers 19 heures.

Nous arriverons vers 19 h 30 après un apéro très sympa avec Rhum runner et tout son équipage… razia des enfants sur notre stock de curly !!! Nous arrivons en annexe au resto ….Juste un couple d’anglais qui termine son repas… pour la party c’est raté, mais en revanche le punch est délicieux et les langoustes merveilleuses… On se régale. En fin de repas j’entreprends une discussion avec le patron du resto et un réfugié Cubain qui a pour fonction de surveiller un Hôtel fermé sur la plage qui est la propriété de deux associés cannadiens qui ne s’entendent plus. Nous avons visité cet hôtel qui commence à se délabrer mais qui a de beaux restes. Il me raconte un peu sa vie, et me dit qu’il veut rentrer dans son pays mais ne sait pas comment faire pour ne pas avoir de problèmes…Il veut me charger d’une mission. Me voilà son avocat !!! nous allions commencé à discuter des honoraires lorsque le patron sort une boite et roule CENSURED.......

 

Une excellente soirée, et voilà notre charmante serveuse qui demande à Timothée s’il ne veut pas dormir avec elle !!!

 

Le lendemain, nous sortons notre bouée pour tirer les enfants derrière l’annexe, Timothée insiste pour en faire aussi…et Pascale….mais je n’ai qu’une annexe équipée d’un moteur 9,8CV.

Tout le monde s’éclate. Lorenzo et Sean restent dormir sur le Bateau.

Nous finissons enfin notre casier que nous mettons à l’eau.

Sean prend la canne à pêche de Camille … il a 8 ans mais dit être un très bon pêcheur…heu oui c’est vrai, il remonte en 20 mn une vingtaine de petites caranges.

 

Cela nous fera le repas.

Les enfants passent la soirée ensemble, ce soir permission de se coucher tard.

Le lendemain matin, Camille va jouer avec ses copains et nous partons voir l’église du père Divonne en haut de l’île ce qui nous permet d’avoir un point de vue sur le Tobago cays notre future escale.

Nous partons l’après-midi pour les Tobago.

 

 

 

 

Et notre journal numéro 2 en vidéo