Journal 4 La Blanquilla-Venezuela

La voici, enfin…notre première navigation de nuit.

 

Les puristes se moqueront de nos 170 miles à parcourir mais le voilà notre moment attendu.

Pour cette première fois, nous ajoutons un peu d’aventure.

 

En effet, « radio ponton » a produit son effet avant notre départ.

Les histoires d’attaques de pirates au large et sur notre route sont légions :Tel bateau arraisonné sans somation et ayant pris une salve de balles (dont une pour le capitaine), vols avec violences, bref, tous les ingrédients d’une bonne dissuasion au départ sont là.

Nous prendrons donc des dispositions particulières pour cette navigation en flotille.

Pas de feux de nav, Radar de Vincent en veille et tactique de repli ou de défense en cas d’attaque.

Nous n’aimons pas trop cela…mais Vincent et son radar surveille notre flottille fantôme.

Nous prenons le parti de prendre ce risque, après de nombreuses consultations et renseignements.

La dernière attaque date de plusieurs années, et nous avons Thetys, notre Cata-Copain qui vient d’effectuer la traversée et nous a communiqué toutes les infos pour un atterrissage en douceur sur la première ile visée : LA BLANQUILLA.

 

Afin de ne paniquer personne, nous gardons pour nous ces histoires et décidons de notre départ, le Venez : Nous voilà !

 

Constat numéro un : Pas de vent… ou si peu que notre cap plein ouest ne nous fait même pas sentir les 6-7 nœuds de vent arrière que nous avons, nous partons donc pour cette traversée…au moteur.

 

Pas glorieux mais on n’y peut rien.

 

Constat numéro deux : Sans vent on va moins vite, (sauf au moteur) et la traversée va me paraitre longue…longue…

Constat numéro trois : Occuper les enfants sans qu’ils puissent se baigner, faire de cerf-volant (nouvelle passion) ou châteaux de sable va s’avérer une tache plus ardue que prévu et qui va faire appel à des trésors de patience. Deux options : les jeter à l’eau ou sortir le disque dur magique de dessins animés (mais pas trop comme même).

 

Option deux retenue pour ce début de navigation.

 

Je rassure nos lecteurs, nous jouerons aussi au Monopoly un peu plus tard, mais sachant que cela finira en tragédie grecque suite à la perte de la partie par un dramaturge embarqué à bord.

 

Heureusement, Poulpy sonne.

 

Il faut que nous vous parlions de notre quatrième passager : Poulpy. C’est notre bienfaiteur à bord, il nous nourri à chaque traversée. Il est très mignon, aux couleurs chatoyantes, discret, et ne se plaint jamais de passer des heures dans l’eau à se faire grignoter ses tentacules en plastique par divers poissons passablement affamés.

 

C’est notre première traversée, et notre premier poisson. Enfin ! Nous remontons une superbe Dorade Corifène qui sera notre diner du soir. J’avoue que nous nous prenons au jeu de la pêche…et je n’éprouve (à l’inverse du capitaine) aucune pitié envers ce poisson que nous achevons à coup de rhum dans les ouïes (on ne va pas le frapper avec un bâton, nous sommes des urbains en voyage ne n’oublions pas). La découpe et le vidage ne me posent absolument aucun problème.

 

Heureusement, car les autres pêches vont monter crescendo niveau grosseur et organes à vider.. .mais pour ça faut attendre les autres blogs). Les enfants sont hystériques… enfin surtout moi.

 

Le Capitaine décide des quarts (c’est le capitaine….) et suite à une tragédie Monopolistisque vécue comme prévu vers 19H, nous passerons à table (mer calme pas de malades à bord) , Dorade sur le barbecue, pas de pirates, bref tout va bien.

 

La nuit arrive, nous sommes toujours vent arrière. La grand voile et le génois faseillent assez régulièrement, on se traine à 5 Nœuds mais au moins c’est une douce navigation pour une première, nous croiserons quelques bateaux de pêches, un ou deux cargos selon mes souvenirs. Nous ne dormirons que très peu, le sommeil est difficile à trouver surtout lorsque le capitaine décide de barrer…et empanne.

 

Petite précision pour nos amis navigateurs : il nous aura fallu 2 heures pour monter en cette première fois le Gennaker, mais maintenant nous le faisons en 10 minutes. Na.

 

 

170 miles et 14 heures plus tard nous arrivons à La Blanquilla !

 

Vont débuter une dizaine de jours de pur bonheur, qui resteront pour nous tous, un très beau souvenir.

 

« Goood Morning Blanquilla ! »

 

Comment vous décrire cette ambiance ?

 

Les journées commencent par une petite musique sur le canal 71 que passe Guy qui annonce : « amis du mouillage de la Blanquilla bonjour » et chacun y va de sa proposition pour le programme de la journée, blagounette, devinette etc…

 

Ce retour à l’état sauvage est aussi l’occasion de redécouvrir l’homme de CroMagnon qui vit en chacun de nos hommes. Le matin, ça plonge, ça pêche bref, ces messieurs vont chercher la pitance de leur fratrie.

Heureusement il n’y a ni champs, ni cueillette possible sur l’ile, donc nous nous contentons (les femmes) d’instruire nos enfants pour celles ayant quelques spécimens à bord, et cuisine, rangement, sport et lecture pour les autres.

 

L’après-midi c’est plage, barbecue, pique nique, ballades, discussions, jeux avec les enfants.

Le soir c’est dîner chez les uns ou les autres, sauf fiesta ou plongée de nuit !!! Avec quelques soirées mémorables et une course de Bernard l’Hermite historique.

 

La semaine passe vite, trop vite. Datura et Melodido nous quittent et nous les rejoindrons dans quelques jours sur Los Roques. Pendant ce temps, c’est encore CNED le matin, plongée l’après midi, pêche et soirées exceptionnelles !

 

Camille prend de l’assurance en plongée et Nathalie lui apprend comment faire de l’apnée et descendre sous l’eau, il atteindra un joli record de 3 mètres.

 

Timothée quand à lui, devient un véritable professionnel du château de sable et de l’enclos aux Bernard-L’Hermite.

 

Nous décidons après 3 jours de rab, de partir pour Los Roques. Départ le 21 Octobre.

 

Il faut dire au revoir à Takari (Guy et Sylvie) encore merci pour tous vos conseils, votre joie de vivre et Guy pour ces pêches aux (bip….) !!

 

Chère Nath, Cher Bruno, encore merci pour votre accueil, votre aide, vos fou rires ! Ce fut une semaine de rêve grâce aussi à vous, nous en garderons un merveilleux souvenir !!!