Fin du Voyage de Phileas

 

 

Le Dernier journal du voyage de Phileas

 

Bonjour à tous,

 

Après avoir quitté les roques, j’aurais pu vous parler des oiseaux des aves, du Thon de 25 kg que nous avons pêché lors de la traversée vers bonaire, de nos retrouvailles avec Julie, Fred, Louise et Roméo de Datura qui nous ont présenté Laetitia et Mathieu, leurs amis qui vivent à Bonaire, Jean-Mathieu le frère de Julie, et des fabuleux Serge et Nadine, les parents de Laetitia.

De la semaine géniale que nous avons passée, commençant par un super Barbecue préparé par Laetitia et Mathieu, des sauts de Camille d’une falaise de 5 mètres, de notre visite de Bonaire avec Serge et Nadine, de Jibe city, le royaume de la planche à voile, de notre virée à klein Bonaire sur Datura, de notre soirée dans la superbe maison de Laetitia et Mathieu, de la clarté de l’eau, des tortues, de Timothée qui ne veut toujours pas marcher et des « penalinges », de Camille qui essaye la planche à voile, de mon amoureuse….Pascale.

De notre navigation vers Curaçao avec à bord Serge et Nadine, de notre soirée barbecue sur Klein Curaçao, de la rencontre d’Andy, du feu de joie.

De la douane d’entrée à Curaçao, de notre retour à la société de consommation, de la séance coiffeur des enfants, de la visite du musée de l’esclavage avec les enfants, Louise et Roméo.

Je ne peux malheureusement que vous raconter comment le voyage de phileas s’arrête brutalement.

Cela me permettra peut-être d’évacuer ma rage, ma déception et ma tristesse.

Nous sommes donc à Curaçao et attendons une fenêtre météo favorable pour rejoindre la marina de red frog à boca del toro, au nord du PANAMA, distante d’environ 800 miles, soit environ 5 jours de navigation.

Notre route prévisionnelle que vous pouvez consulter sur la page d’accueil du blog prévoyait un stop à CARTHAGENA, en colombie, ce qui présentait trois avantages : le premier, celui de visiter une ville très belle, un peu le Nice Colombien, le deuxième, d’avoir un vol pas trop cher pour que Camille rentre en France pour passer quelques jours avec Arnaud son Père, le troisième, de couper en deux cette traversée, qui est un peu longue, et qui nous fait passer par le cabo de la vela, le « cap horn » des antilles.

Nous ne pouvons malheureusement nous y rendre ayant appris la veille de notre départ que l’assurance du bateau excluait la Colombie.

Idéalement, nous ne devons pas passer le cabo de la vela au large de la colombie par plus de 15 nœuds de vent annoncé.

Au-delà de 25 nœuds la mer est dangereuse à cet endroit, où les fonds remontent très vites.

Le vent annoncé jusqu’au 26 est de 30 nœuds et baisse à 20 nœuds vers le 28 date à la quelle nous devons nous retrouver dans la zone qui peut réserver des surprises. La tendance est à la baisse jusqu’au 30, et le vent forcit à nouveau dans la zone à compter du 30 novembre avec du 30 à 35 nœuds annoncés.

Il faut passer ce cap avant l’établissement des alizés, car après les 25 nœuds sont établis et alors c’est le brassage assuré.

J’appelle Paul de Punch pour vérifier que nous partageons le même avis, on vérifie une dernière fois avec Fred, et nous quittons nos amis de Datura, qui partent le même jour sur la Jamaïque. Nous savons que nous nous reverrons, soit à Paris, soit à Bordeaux, peut-être les deux, mais nous les portons dans notre cœur pour toujours.

Nous quittons le mouillage de spanish water à Curaçao le 26 novembre à 12 H, arrivée prévue à Boca del toro dans la matinée du lundi 1er décembre.

A la tombée de la nuit nous atteignons le sud d’aruba.

Nous faisons avec Pascale des quarts de deux heures.

Les conditions sont bonnes, le bateau avance bien, nous avons un vent d’est sud est de 20 nœuds, nous faisons une moyenne de 7,5 nœuds avec des pointes à 11 nœuds.

Nous croisons beaucoup de cargos pendant la nuit et il faut être vigilent.

La mer est formée et Camille est un peu malade, il dort dans le carré extérieur.

Timothée n’est pas très bien non plus, mais il dort dans notre cabine.

Pascale prend son quart à 1 heure.

A 2 heures, nous croisons un bateau de pêcheur qui n’a pas d’AIS et pas de feu de navigation, en revanche il est tout allumé.

Camille vient me réveiller et nous nous déroutons pour éviter une route de collision.

Un bon coup de stress pour tout le monde.

Je retourne me coucher et prend mon quart à 4 heures.

La journée du 27 se passe bien mais la mer commence à se former au fur et à mesure que nous avançons.

Les prévisions météo sont confirmées, le vent dépasse rarement les 25 nœuds, et comme nous sommes au portant nous sommes entre 10 et 15 nœuds de vent réel, tout va bien.

Camille est toujours un peu malade mais ça va. Il passe sa journée allongée car dès qu’il se lève, il vomit. Nous pêchons un petit baracuda qui nous fera notre repas du soir.

Nous entamons la nuit avec la satisfaction de voir le vent baisser, la mer étant toujours un peu formée, mais rarement des vagues de plus de 2 ou 3 mètres.

Notre moyenne a un peu baissée mais elle se maintient à 6,5 nœuds sur cette journée du 27.

Pour nos premières 24 heures nous avons parcouru 180 miles, ce qui est une très bonne moyenne.

Lorsque la nuit arrive nous avons dépassé Puerto Bolivar, Péninsule de la Guajira. Nous restons sur la ligne des 1000 mètres de fond au minimum.

Le vent est plus fort et nous dépassons souvent les 25 nœuds mais ça va, la mer est formée mais rarement des vagues de plus de trois mètres.

Nous attaquons le dur dans la matinée du 28. Pourtant nous sommes sur une ligne de 3000 mètres de fond. La mer se forme les vagues sont de plus de 4 mètres, et nous entamons le grand huit.

Les vagues commencent à déferler, mais Phileas est vaillant et il se comporte bien, même si son roof central tape régulièrement.

Quelques surfs sont impressionnants dont certains à presque 20 nœuds.

Nous naviguons sous un ris dans la GV et 1 tour dans le génois.

Quelques vagues déferlent plus que d’autres, Pascale commence à stresser, et ne veux pas les regarder.

Je n’en mène pas large non plus.

J’appelle Paul avec l’irridium pour savoir si la météo a évolué, nous avons des rafales à 35 nœuds, ce qui nous amène à 25 nœuds de vent apparent.

Il me dit que non, nous discutons de la taille des vagues, j’ai du mal à évaluer leur hauteur.

Mes pieds sont à environ 1,80 mètre de l’eau, je fais 1,75 mètre et elles me dépassent au minimum d’une fois ma taille.

Nous sommes bien à 4 ou 5 mètres.

Dans la nuit le pilote décroche deux fois et nous faisons deux départs au lof.

Je barre une bonne partie de la nuit, et les conditions font que personne ne dort.

Je regarde la carte, car on ne se voit pas passer encore deux nuits comme ça alors que nous allons entrer dans une zone où le nombre de cargo est important.

J’appelle Paul pour lui dire que nous pensons aller faire un mouillage à la pointe est de l’archipel des san blas pour une nuit au sud est de cayo diablo.

Vu la distance à parcourir nous arriverons au plus tôt à 22 heures.

Il n’est évidemment pas question pour moi de naviguer de nuit dans cet archipel, mais l’arrivée de la mer est claire, on plante l’ancre et on dort.

Je lui laisse un message et lui demande de me rappeler s’il y a une contre indication.

Nous nous avons au téléphone et je lui fait part de mon inquiétude par rapport à la taille des vagues.

Il vérifie et me dit que les vagues vont cesser à 15 miles des côtes de notre point d’arrivée.

Nous sommes Pascale et moi fatigués, Camille est affalé, Timothée n’est pas beaucoup mieux et il est temps que nous arrivions.

Les vagues ne baisseront qu’à 7 miles des côtes, mais restent importantes et je m’en aperçois vraiment quand nous nous mettons bout au vent pour affaler la grand voile. Il est environ minuit.

La lune permet d’avoir une visibilité correcte.

Nous arrivons par l’ouest de l’ilet au moteur, car le vent étant d’est nord est ( 10,15 Nds ) et les vagues de nord est ( encore 1,50 mètres ), je pense que nous serons plus protégés à l’ouest de l’îlet.

Lorsque nous arrivons un petit grain et des nuages cachent la lune.

Je me ravise car la houle est trop forte à l’ouest de l’ilet , et je vois devant moi la mer moutonnée, ce qui m’indique qu’il y a une caye qui est d’ailleurs signalée, mais j’évalue mal sa distance, la lune étant cachée à ce moment.

Notre cartographie électronique signalant le mouillage sur l’ouest, et la carte papier n’indiquant aucune caye signalée à l’ouest, je décide de contourner l’îlet, pour aller mouiller là où nous l’avions décidé initialement.

Funeste décision.

Je contourne l’ilet par le nord, à bonne vitesse ( 6 à 7 nœuds) car il y a des vagues de travers babord.

Je veille à rester sur la ligne des douze mètres et contrôle la profondeur. Le sondeur indique bien douze mètres.

J’arrondie pour rester sur cette ligne des 12 mètres.

Nous touchons la coque tribord violemment.

Je tente une marche arrière immédiatement sans succès. Le moteur babord semble encore pouvoir nous sortir de là mais pas le moteur tribord qui est sur la caye.

Je fais un nouvel essai sans succès une vague déferlante nous poussant encore sur la caye.

Les deux coques sont maintenant posées.

Je passe un appel de détresse sur le canal 16 sans succès.

Pascale appelle avec notre téléphone satellite le cross Gris-nez.

Nous demandons assistance espérant un bateau sur zone.

De violentes vagues viennent frapper la coque babord, et le bateau dérape violemment sur tribord, travers aux vagues.

Notre interlocuteur nous indique nous rappeler dans 1 heure.

Je tente plusieurs appelle sur VHF canal 16 car si un bateau motorisé est sur zone il peut peut-être nous aider.

Personne ne répond.

Nous installons les enfants avec gilet dans le carré et rassemblons l’essentiel de nos affaires dans deux sacs.

Je passe un appel à Paul colin de punch croisière et laisse un message certainement paniqué.

Il n’y a plus de lune, nous n’avons plus aucune visibilité.

Je ne sais pas si nous sommes posés sur une caye isolée, entourée de fond, ou si nous sommes sur la côte car le point GPs nous situe à 150 mètres de la côte, sur un fond de 12 mètres.

Les chocs sont violents dès que le bateau est heurté par une grosse vague qui déferle.

Je commence à craindre que le bateau ne résiste pas.

Nous rappelons le cross qui nous annonce qu’un bateau se déplace sur zone.

Nous attendons dans le carré, impuissants.

Nous apercevons des lumières à l’extérieur.

Ce sont des indiens kunas qui viennent nous porter assistance avec leurs pirogues et proposent de nous amener à leur village.

La coque tribord prend l’eau.

Je passe un nouvel appel sur VHF canal 16 pour savoir si le bateau qui est censé venir pour nous porter assistance arrive ou pas. Pas de réponse.

Nous prenons la décision d’accepter l’aide des indiens car je ne peux rien faire en l’état avant que le jour ne se lève.

Les indiens me demandent de décrocher l’annexe ce que nous faisons non sans mal car des vagues déferlent sur le bateau, par l’arrière tribord.

Nous quittons le bord vers 4 heures, je pense mais je ne sais plus exactement.

Je ferme le bateau et nous partons avec deux sacs comprenant quelques vêtements nos papiers, informatique, appareils photos.

Nous nous installons dans la hutte du chef de village de TIKANTIKI.

J’ai récupéré notre hamac acheté à Curaçao que j’installe avec le chef dans sa hutte.

Camille s’y installe, Timothée dort sur ma veste de quart, et Pascale s’assoit par teré. La hutte est pleine d’enfants qui nous regardent.

J’ai en tête l’image de Camille allongé dans le hamac entouré d’une vingtaine d’enfants qui le regarde.

 

Au levé du jour, je repars avec des indiens et constate qu’il y a déjà beaucoup de monde autour du bateau et une dizaine de personnes sur le bateau.

J’ouvre le bateau et tente de faire comprendre qu’il ne faut pas rentrer à bord.

Je ne parle pas espagnol et visiblement ne me fait pas comprendre. Ils semblent tous vouloir m’aider et sont très gentils, mais très envahissants.

La coque tribord a de l’eau au dessus des planchers qui flottent maintenant.

Je remplis deux nouveaux sacs, car je sens bien que chacun commence à se servir.

Pour calmer tout le monde, je distribue la nourriture, donne un écran d’ordinateur, ayant déjà offert ma guitare au fils du chef du village.

C’est une erreur car tout le monde s’excite pour avoir quelque chose mais en donnant j’espère qu’ils feront la différence entre le don et la prise de possession. Je crois que je me trompe.

Je parviens à leur faire comprendre que c’est mon bateau et qu’ils ne peuvent se servir.

Il est trop tôt pour tenter de faire bouger le bateau.

La marée est haute à dix heures.

Je demande à chacun de sortir mais c’est difficile, car j’ai besoin de leur aide.

Je parviens à fermer le bateau mais ne peux les empêcher de rester à bord.

Notre matériel de pêche a déjà disparu, les légos des enfants, la vaisselle, les outils.

Je ramène nos sacs avec l’aide de trois indiens proches du chef.

Je retrouve Pascale et les enfants dans la hutte du chef de village.

Je repars immédiatement car les gardes côtes viennent d’arriver ( je saurai après qu’ils ont été avertis très tôt par le cross gris-nez mais ne font pas de déplacement de nuit ayant jugé que notre vie n’était pas en danger, ce qui est exact, car nous constaterons de jour, que le bateau ne peut pas couler ).

Nous prenons des amarres et avec une cinquantaine de personne nous essayons de tirer le bateau.

Il ne bouge pas.

Il faut attendre 10 Heures.

Toutes les personnes présentent montent maintenant à bord, je ne contrôle plus rien.

Le garde côte me demande de lui montrer mes papiers. Ils sont à terre, dans la hutte du chef de village.

Nous repartons à Terre.

Je lui demande de faire surveiller le bateau.

Nous revenons à 9 h30.

Nous faisons une nouvelle tentative les vagues sont fortes. Il bouge mais n’avance pas.

Les deux coques prennent l’eau maintenant.

Je constate que le bateau a été pillé. Les affaires personnelles que nous n’avons pas emportées ont disparu.

Je demande l’assistance des gardes côtes pour dire à tout le monde qu’il faut arrêter.

Je conviens avec le chef de village de désigner les trois personnes qui m’inspirent le plus confiance pour garder le bateau et lui remet 150 $ et lui promet la même somme si les pillages s’arrêtent. Je laisse alors le bateau ouvert pour leur permettre de dormir à bord.

Le chef de village a entreposé dans une hutte ce qui a pu être sauvé.

Les gardes côtes nous amènent sur NARGANA en fin de matinée.

Pascale et les enfants sont très courageux.

Nous nous retenons Pascale et moi pour ne pas craquer.

Il faut que nous dormions, nous sommes épuisés.

Les gardes côtes nous déposent dans le seul hôtel de NARGANA.

Erick Obaldia leur chef a été très sympa. Il tient à faire une photo avec nous. C’est con, on sourit quand on nous prend en photo mais on a tout sauf envie de sourire.

Nous prenons la seule chambre avec trois lits, nous voulons rester ensemble. C’est très spartiate, il y a des cafards, mais on s’en moque. On s’écroule.

Le lendemain, je vais voir le propriétaire de l’Hôtel, paco, car je dois retourner sur place pour vérifier que ce qui reste à bord y est toujours ( électronique, panneaux solaires….). Nous sommes à 6 miles du bateau.

Il m’emmène voir Paulo, qui est sur son bateau.

C’est la personne qu’il fallait que je rencontre.

C’ est un Français qui vit sur un cata et qui fait du charter sur la zone qu’il connait bien puisqu’il y est depuis 4 ans, et c’est un vieil ami d’Eric Vasse.

Paulo me dit qu’il va m’aider et nous convenons qu’il passe me prendre au ponton à 13h30 avec son annexe.

Nous retournons ensemble sur place avec son annexe. Il m’apporte une aide précieuse.

PAULO m’aide à me faire comprendre et il connait le CACIQUE ( chef de tous les villages ).

Nous faisons un “congresso” dans la hutte principale du village.

Je laisse les clés du bateau à PAULO qui va maintenir la relation avec le chef de village TIKANTIKI.

Le lendemain, les gardes côtes doivent nous emmener à isla la porvenir située à 20 miles à l’ouest de NARGANA, pour régulariser notre entrée.

Paulo me trouve une connexion internet sur l’ile ce qui est très rare.

J’adresse les photos, rédige mon rapport de mer et remplis la déclaration de sinistre.

 

Nous quittons Nargana le lendemain à 11 heures.

 

Paulo est là, merci de ton aide Paulo, tu es un mec extra.

 

Eric n’avait plus de nouvelle de lui depuis plusieurs années, quand je l’ai eu au téléphone, et que je lui ai dit que j’avais rencontré un Paulo qui le connaissait, il m’a dit « c’est mon Paulo ? », et oui c’était son Paulo.

 

Eric m’avait dit qu’il n’avait pas de contact dans la zone, et bien il en a un maintenant.

 

Dans notre malheur, c’est certainement notre plus grande chance.

 

Eric est maintenant en relation avec Paulo pour gérer l'avenir ou la fin de Phileas.

 

 

Les gardes côtes devaient nous amener sur isla la porvenir pour faire notre entrée et nous amener ensuite sur le continent, pour partir à Panama City.

 

L'équipe a changé, et ils se sont plantés et nous ont amené directement sur le continent.

 

Nous leur avons dit en arrivant, mais ils nous ont soutenu qu'on pouvait aller à l'aéroport pour faire notre douane d'entrée.

 

J’ai douté mais bon.

 

Nous sommes donc partis avec un transporteur pour deux heures de route ou plutôt de piste.

 

Après une demi-heure nous tombons sur un contrôle.

 

Nous avons dû faire demi tour, reprendre un bateau pour nous rendre sur isla la porvenir, faire notre douane d'entrée, revenir en bateau, et reprendre un transport pour Panama city, tous ça avec les 4 sacs qu'il nous reste.

 

Nous sommes arrivés à Panama city dans un hôtel pension, dans lequel nous avons pu laver notre linge, reprendre un peu nos marques, et surtout nous reposer.

 

Il fallait peut-être payer le bonheur de ces trois derniers mois, qui ont certainement été parmi les plus heureux de ma vie.

 

La descente a été très violente.

 

Ce n'est évidemment pas que les dégâts matériels, c'est un rêve qui se réalisait et qui s'arrête brutalement pas comme nous le souhaitions, c'est le fait de perdre Phileas, pour nous biensûr et pour son propriétaire surtout, c'est le sentiment d'injustice que je ressens car je n'ai pas commis d’erreur.

 

Je n’avais pas préparé la zone des san blas car nous ne devions y aller que dans un mois.

 

Je ne savais simplement pas, ni Paul, que les cartes ne sont pas fiables ici et surtout pas à cet endroit.

 

 

Le pillage du bateau a été très éprouvant aussi.

 

Revoir Phileas dans cet état avec toutes les images de ces trois mois en tête a été très difficile.

 

Pour l'instant, Pascale et moi ne pouvons voir un bateau au mouillage sans avoir envi de pleurer.

 

Évidemment, même si notre vie n’a jamais été en danger, l'essentiel est que personne n'ait été blessé.

 

Pascale a été très courageuse et les enfants aussi.

 

Je vais me refaire le film pendant encore ne nombreux mois.

 

Le voyage de Phileas est terminé.

 

Nous restons encore sur zone dans l'attente de la décision de l'assurance.

 

Nous avions prévu de partir dix jours au Costa Rica. Nous allons voir.

 

Nous avons déjà acheté le billet de Camille qui devait rentrer voir son père en France du 21 décembre au 1er janvier, il devait revenir avec Stéphane Pauline Manu et Caro.

 

Nous ne sommes pas certain que nous puissions le modifier… il ne prendra pas le retour en tout état de cause et il est probable que nous rentrions avec lui.

 

L'urgence est de nous poser un peu, les derniers jours ayant été éprouvant pour les enfants et pour nous aussi.

 

Clap de fin